Le jour où j’ai osé… partir seule en tour du monde pendant deux ans !

avril 24th, 2018

Ça y est plus d’un an se sont écoulés depuis mon retour de tour du monde et tant de choses se sont passées : je me suis lancée de nouveaux défis, de nouveaux challenges comme mon premier ultra, la création de mon entreprise. Mais nous reviendrons à ce sujet plus tard !

Je voudrais vous parler de plusieurs sujets cette année sur ma propre expérience notamment qui vous permettra, je l’espère, d’OSER : changer de boulot, se lancer dans une nouvelle vie, acheter une maison ou tout quitter.

Aujourd’hui je voudrais vous parler du jour où j’ai osé… partir ! Partir pour deux ans de tour du monde seule !

Pour cela retour en arrière, attention accrochez-vous bien !

Le 1er janvier 2014, clouée au lit avec une angine, j’avais commencé à faire la liste des pays dans lesquels je souhaitais aller pour découvrir le monde et ses habitants. Je me fis la promesse de partir l’année suivante. Cette promesse ne s’est concrétisée que quelques mois plus tard, au moment où je l’ai annoncé à mes proches.

« Mais quoi, tu es folle ? » « Comment ça toute seule ? » « Partir, mais pour faire quoi ? » « Tu vas nous abandonner » « C’est dangereux, tu vas te faire agresser » Tels ont été les mots que j’ai reçus d’abord de leur part.

Vous savez tout devient plus concret quand on le communique aux autres. Par exemple, quand vous vous dites, tiens je vais me mettre au sport, si vous n’en parlez à personne, on ne vous demandera pas : « comment cela se passe ? Est-ce que tu as progressé ? » etc. C’est pareil pour tout, même quand on annonce officiellement à toute sa famille que l’on va partir.

 

Le semi-marathon de Paris 2013

Avant d’oser en parler à ma famille, j’avais réfléchi longuement l’année précédente. Coureuse depuis fin 2012, je m’étais éprise de ce sport après mon premier semi-marathon avec ma pote Sophie. Des collègues m’avaient défié de le courir. Adorant les défis, je n’ai pas pu le refuser même si je ne savais pas courir plus de 10 minutes sans souffrir. Il ne me restait que quelques mois pour m’entraîner. Ce que je fis sans réel engagement : seulement 30 minutes de course par semaine… Je ne mesurais pas l’ampleur du challenge qui m’attendait. Comme une fleur, je me suis présentée le dimanche 3 mars sur la ligne de départ. J’ai fait tout ce que 90 % des coureurs/euses font au début de course : partir trop vite. Ce que je regrettai dès le 12e km : je titubais, je n’avançais pas droit, je n’en pouvais plus. Et je me souviendrais toute ma vie de cette phrase de Sophie : ” Tu fais ce que tu veux mais, je ne passe pas la ligne d’arrivée sans toi et je ne la passe pas en marchant… ” Prenant mon courage à une main et Sophie de l’autre, j’ai couru jusqu’à cette ligne d’arrivée. Le franchissement de cette ligne a été pour moi un révélateur. La satisfaction, le sentiment de fierté et d’accomplissement étaient tellement forts que je ne pouvais que continuer dans la pratique de ce sport. Il y avait la Maud d’avant le semi-marathon et la Maud d’après !

Je m’inscrivais à de nombreuses courses : 10km, courses d’obstacles et même le marathon ! Un objectif qui, quelques années plus tôt me semblait irréalisable et pourtant je l’ai fait ! Je me suis entraînée pour courir ces 42,195km en motivant de nombreuses personnes autour de moi : collègues et amis.

Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle 2013 et la naissance du “nouveau moi”

Avant de m’inscrire au marathon de Paris, je suis partie une semaine sur le chemin de Saint Jacques avec ma mère. Marcher 7h par jour pour faire une vingtaine de kilomètres par jour avec un sac de 7kg m’a permis de débuter ma réflexion sur ce que je souhaitais réellement faire dans ma vie. Bossant comme une acharnée depuis quelques années, je n’avais pas pris le temps de m’arrêter et de me poser les bonnes questions sur ce que je voulais vraiment faire de ma vie. J’étais comme dans un train qui avançait sans savoir vraiment où j’allais. Après cette semaine et 160km parcourus, un nouveau sentiment de fierté m’avait envahie : jamais je n’aurais pensé cela possible pour moi. Je ne vais pas vous dire que c’était facile car j’ai eu envie d’abandonner et de partir direction la plage et profiter au lieu de marcher sous un soleil de plomb. Mais je l’ai fait !

Je rentrais pleine de nouvelles réponses à mes questions existentielles sur mon avenir. Je devais changer quelque chose dans ma vie… Mais quoi ?

L’Indonésie et ses volcans – Août 2014

On dit que les voyages font grandir et évoluer, je peux vous dire que je l’ai réellement ressenti. Je suis partie, quelques mois après mon aventure sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, en Indonésie pour trois semaines. Durant ce voyage, nous avons fait l’ascension de quatre volcans : le Mont Bromo, Ijen, Batur et le Rinjani. Ces nouveaux défis m’ont permis de continuer encore et encore sur mon avenir. Je travaillais dans une entreprise qui vendait des services informatiques et j’avais acquis un poste à responsabilités. Je pouvais même la reprendre quelques années plus tard. Mais une petite voix en moi doutait : qui dit reprise d’une entreprise dit investissement sur 10 ans ou plus. Étais-je prête à le faire ? Est-ce que la charge de travail que j’emmagasinais étais ce à quoi j’aspirais sur le long terme ? Est-ce que j’étais au bon endroit ?

 

La préparation marathon de Paris 2014

De retour de ce voyage avec des doutes sur mon avenir et une certitude que la voie dans laquelle je m’engageais ne me convenait pas. J’ai trouvé un nouveau défi : courir mon premier marathon ! Après tout si j’avais réussi à courir mon premier semi-marathon sans entraînement, je serais sans doute capable de courir un marathon en m’entraînant vraiment sérieusement. Quelques mois d’entraînement couplé et la lecture des livres “3 kifs par jour” et “Power Patate” de Florence Servan-Schreiber m’ont aidée à poser des mots sur ce que je voulais faire vraiment. J’ai ainsi décidé de ce que je voulais vraiment : aller découvrir le monde en courant, aller à la rencontre des autres. Je ne voulais plus travailler dans un secteur, dans une entreprise qui ne me correspondait pas et qui ne me faisait pas avancer. Je stagnais et cette décision allait me faire avancer, j’allais faire un bond en avant dans ma nouvelle vie. C’est comme cela que le 2 janvier 2014, j’ai fait la liste des pays dans lesquels je voulais me rendre et me faire cette promesse de partir !

 

Le 2 janvier 2014 – le début d’une nouvelle vie

Une fois cette décision prise, c’est comme si tout s’alignait, tout devenait plus clair. Je savais la direction de la nouvelle vie que j’allais prendre. J’étais sereine et en accord avec ce que mon “moi intérieur” me criait depuis toutes ces années. Même si le projet de partir deux ans (oui un an c’est beaucoup trop court…) était ambitieux, je savais que c’était ce que je devais faire. Une fois le marathon de Paris fini, j’ai commencé à réfléchir à mon parcours : Quelles courses ? Quel parcours ? Quel budget ?

Et puis, mon projet a mûri. Je voulais aller à la rencontre des autres, les autres furent ces femmes coureuses qui m’ont livré une partie de leur vie, de leur expérience de coureuses, de femmes…

Je voulais courir pour les autres aussi, j’ai par le biais de Julie, mon amie d’enfance avec qui j’ai couru le marathon de Paris en 2014, trouvé une association “La Fondation Paralysie Cérébrale”. Une association qui soutient les enfants atteints de paralysie cérébrale, un handicap très peu connu du grand public et qui touche plus d’un enfant sur 450 (deux fois plus que la trisomie 21 par exemple).

Quelques mois plus tard, j’achetais mon premier billet d’avion pour le Kenya, unique billet pour mon voyage de deux ans. J’ai OSÉ partir !

 

Et vous qu’est-ce que vous avez osé ? Qu’est-ce que vous n’oserez pas faire ? Qu’est-ce que vous rêveriez de faire et que vous ne faites pas ?

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